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09/01/2017

c'est ça l'hiver

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Il faut bien l'avouer, l'hiver chez nous, c'est plus souvent "mud season" que neige et froid sec. Alors quand la nature se donne en spectacle, on adhère tout de suite et même, on sort plusieurs fois par jour pour bien sentir les choses.

Que plusieurs jours de suite la température reste bloquée sous le zéro, bien en bas du thermomètre, et c'est le dépaysement complet, la grande fête de l'hiver.

Tout le paysage semble cristallisé et le givre métamorphose la moindre brindille en sculpture fragile. Les couleurs s'effacent et une palette de gris doux prend place, de l'aplat du ciel aux étendues herbeuses, des talus à la ligne du chemin. Une gomme magique a tracé par-dessus les graminées, branches et ronces et c'est tout un entrelacs graphique et argenté qui s'offre sous le ciel morne. Le verger se devine au loin et le givre envahit tout, jusqu'à l'air silencieux, épais et presque solide qui me pénètre, tranchant, pendant ma promenade.

Bientôt la féérie cessera et le givre tombera des branches par paquets, petits fracas qui me font me retourner parfois, laissant les écorces noires et humides dessiner un paysage plus commun.

Mais pour l'instant c'est l'hiver, il fait froid et quand je reviens vers le village, les cheminées envoient leurs volutes au ciel, invitant au refuge des maisons douillettes. L'odeur des feux de bois imprègne jusqu'aux abords du hameau, et c'est la même que les anciens habitants pouvaient sentir autrefois, quand ils rentraient des champs, contents peut-être de leur travail et de savoir leurs bêtes à l'étable.

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31/12/2016

exotisme de fin d'année

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Ici aussi pour tous c'est la trêve des confiseurs : plus de cours, plus de chantiers, plus d'ordinateurs, les cahiers sont rangés...

Après Noël et les grands repas, nous filons passer quelques heures à Paris avec notre colonie, c'est pour nous l'exotisme suprême. Pour les plus petits, le must est de prendre les transports en commun. Bien sûr il y a les vieilles dames de la ville que nous retrouvons toujours avec plaisir, ce sont nos icônes à nous : tours, palais, résidences, ponts, ... Mais il y a aussi cet air particulier, la Seine et ce rythme différent, "tout le monde suit ?", "restez bien ensemble", "Matthias, donne la main à Lucien"... et l'achat incontournable des petites tours Eiffel qui viendront enrichir des collections déjà bien fournies.

Il y a les brasseries, leurs miroirs et leurs lustres, la clarté glaciale du ciel, et toutes les choses que nous n'auront pas eu le temps de voir cette foi-ci, le Luxembourg, la montagne Sainte Geneviève et Saint Michel...

Nous reviendrons, peut-être à Pâques, peut-être cet été.

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18:11 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2)

28/08/2016

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23/08/2016

il fait chaud

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Il fait chaud.

C'est le temps des siestes, des lectures, des repas frais et des petites séances d'écrans.

Certains jours, il faut fermer les rideaux et la pénombre et le frais de nos gros murs sont notre refuge. Ce n'est qu'après le dîner que tous rejoindront leurs vélos et ballons.

Et peut-être, si ce n'est pas trop tard, une courte promenade avec les chiens pour voir le coucher du soleil, notre meilleure série de l'été.

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09/08/2016

bord de mer

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Comme tous les ans désormais, il y a eu cette série de journées dans le lodge, passées uniquement à emmagasiner le plus possible de lumière, de soleil, de vent, de sel. Une cabane avec la terrasse dans les feuillages bruissants et, même quand le temps vire, l'impression renouvelée d'être pleinement présent à la nature.

Des journées de lecture, de va-et-vient entre la plage, la piscine, les tours de vélos. La pêche à marée basse, les crêpes quand il pleut, les courses de Latcho sur la grève, et, le soir venu, l'auréole de nos petits anges qui se met mystérieusement à briller !

Bonnes vacances à tous !

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08/07/2016

* côté jardin *

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05/07/2016

au revoir les maîtresses !

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"Et au camping, maman, on pourra faire une promenade tous seuls avec P (6 ans), parce que ça y est, on est grand, on n'est pas des mauviettes !"

Lucien (5 ans)

30/06/2016

le bon lait

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Aller à la traite, c'est plonger. La légère pénombre de la fosse nous baigne dans un univers sonore de tuyauteries et pompes, de chaines et de barrières métalliques qui grincent, de souffles et de sabots qui tapent, d'encouragements et de jurons du fermier qui pousse ses bêtes ou les apaise pour qu'elles prennent place sur les quais.

Le lait extrait des mamelles circule dans le réseau fermé, tuyaux, vannes, ballon en verre, jusqu'au tank final immense, dont le camion du laitier viendra prélever le contenu cette nuit ou au petit jour.

Mais pour nous, il a sorti une tasse et tiré directement du pis le trésor blanc. Chacun a goûté ce liquide que l'on semble alors découvrir pour la première fois, tant c'est différent : tiède, presque chaud, tout mousseux, à la fois sucré et légèrement aigre, si vivant, presque troublant, la vie même de la vache dans notre bouche.

Le mufle humide des bêtes, les pisses surgissant drues et les bouses qui claquent sur le béton, l'odeur de paille souillée et de poil chaud... et les multiples paires d'yeux qui nous observent, mi curieuses mi inquiètes : que font ces enfants dans notre salle de traite ?

Placides cependant, elles ruminent même pendant que l'on branche les trayeuses, la nourriture tourne entre leurs mâchoires actives, et bientôt, elles repasseront au cornadis prendre un peu de foin avant de retourner dans la prairie, rejoindre leurs congénères... Il faudra laver les quais et la fosse à grande eau, balayer l'aire, et la paix du soir pourra descendre sur la ferme.

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25/06/2016

juin sous la pluie

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Le jardin fume après l'averse, la terre exhale une humidité dont juin ne vient pas à bout. Il pleut souvent, le temps est lourd, l'orage jamais très loin. Les bottes sont de mise une bonne partie de la journée et les créneaux pour couper l'herbe sont rares.

Un de ces derniers soirs fera date dans notre quotidien tempéré. Au fil de l'après-midi, les nuages s'étaient accumulés tantôt à l'est, tantôt à l'ouest, finissant par noircir entièrement la portion de ciel qui surplombe la maison. Sous ce couvercle anthracite, presqu'aussi solide que les toits d'ardoise, le moindre pas dans le jardin faisait ressentir la masse électrique de l'air. Dans le verger, j'ai trouvé une poule, une des deux jaunes nées l'an dernier, trempée par la pluie qui commençait déjà. Je l'ai crue malade mais elle faisait simplement la discrète, cachée dans les herbes sur un nid d’œufs qu'elle couvait bravement dans l'atmosphère hostile. Le tonnerre a roulé et grondé toute la nuit, mais ma poulette était au chaud dans le poulailler avec ses sœurs.

L'orage a duré presque vingt-quatre heures. Tout dans la maison s'est progressivement gorgé d'eau. Les vitres et les miroirs étaient couverts d'eau qui gouttait, les placards, les objets, tout poisseux et recouvert d'une pellicule d'eau, les livres et les papiers devenus mous, les chiens aux yeux inquiets dans la moiteur, le sol comme lessivé avec une serpillière mal essorée et le dîner servi sur une table trempée...

Et comment faire dormir les enfants : fenêtre ouverte aux éclairs ou fermée sur la touffeur des chambres ?

Un épisode exotique et par bonheur passager, que d'autres ailleurs connaissent six mois dans l'année...

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20/06/2016

Patience

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Patience est morte, je crois qu'elle a beaucoup souffert. Je suis restée jusqu'au bout, mais je n'ai pas tout regardé. J'ai écouté les gestes du vétérinaire, ses préparatifs, ses allers-retours à sa voiture pour sortir son matériel, et mes yeux sur le dos de mon frère, penché sur la tête de la douce bête.

Elle est partie tout doucement, sans presque se débattre, sans une plainte. C'est ça aussi, la vie à la campagne, la vie et la mort, la maladie des bêtes, leur souffrance qui laisse impuissant. Je ne sais pas si j'ai assez parlé aux enfants, j'aurais dû leur montrer le corps : il faudra aussi qu'ils apprennent.

Elle était née de Zébulon et de Cocotte, sa mère qui est toujours chez papi et mamie. Avec elle, c'est un pan de ma jeunesse qui disparaît. Paix à son âme d'ânesse, au paradis des équidés.

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