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08/02/2017

gris de mer

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C'était le dernier week-end, nous l'avons passé avec les cousins, les chevaux, les vaches, les poules, les chiens... dans ce que les enfants considèrent comme un véritable paradis. C'est un paradis où il peut pleuvoir, venter, faire froid et gadouilleux, on sort de toute façon, car on veut tout voir, tout sentir, vérifier les ruches, humer la sellerie, se faufiler dans le bûcher, tâter les dernières pommes tombées à l'automne.

Pour dormir c'est simple, des matelas, des enfants par terre ici, d'autres là, un peu comme ça tombe, de toute façon ils veulent tous être ensemble dans le même lit et tant pis pour l'heure.

Il m'avait fallu rester au collège pour accueillir les futures familles et mon week-end à moi serait tronqué. J'avais des corrections à faire, une tonne, des projets à finir dans l'urgence, l'impression faussée que tout le monde comptait sur moi d'une manière ou d'une autre, mais cette journée-là on ne me l'enlèverait pas, je ne ferais rien d'autre que leur préparer à manger et veiller sur eux et les bêtes.

C'est peu après que j'ai perdu ma voix et que les petits signaux se sont mis à clignoter, les larmes, les jambes coupées, les oublis, les réveils nocturnes et au final, l'impossibilité nette de plus rien produire.

De ce week-end là je garde du gris, du gris pluie, du gris bruine, du gris poil, du gris cœur. Le gris c'est doux, c'est ma couleur préférée, elle me va tout le temps, en toute saison. Et puisqu'on m'impose la pause, puisqu'il n'y a plus d'échappatoire, je me pelotonne dans le gris de ces journées encore hiver.

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23/01/2017

dire et rire

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Il faudrait se souvenir toujours de ces moments sans soucis, être présent à cent pour cent à ses mimiques, ses sourires, ses premiers mots. Il a désormais tout un vocabulaire bien à lui et qui décrit son monde, basé sur des sonorités précises qu'il répète et combine à l'envi.

Un CAA est un tracteur ou un car, c'est selon, Lolo désigne la baignoire ou la flaque, LAA est la vache, appelée aussi parfois MEUMEU. On entend plein de BAPOU qui veut dire voiture, de POUPOU qui sont les poules, de YAYA qui est Tilia. NON veut dire non, mais en plus négatif encore, tandis que oui se dit AOUI dans son langage, et c'est un oui plein d'assentiment.

Prononcer MAMAN est acquis depuis longtemps et il ne s'en prive pas, sur tous les tons et à toute occasion, suppliant ou l'air moqueur. Mais le mot qui emporte tous ses suffrages, c'est PAPA. Ce mot-là est prononcé un bon millier de fois par jour, c'est le premier mot qu'il dit au réveil et sur un ton qui ne supportera pas l'attente. PAPA est convoqué à tout moment, pour toutes les menues trouvailles de la salle de jeu. PAPA se prononce sur un ton d'affection exclusive en se lançant la tête dans les jambes dudit père et en l'enlaçant d'un air des plus amoureux qui soit. Et peu importe que l'objet de cet amour soit en train de réfléchir, de téléphoner, de tenter de travailler, s'il ne répond pas dans l'instant à la démonstration, le drame éclate et Philippe reste inconsolable.

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09/01/2017

c'est ça l'hiver

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Il faut bien l'avouer, l'hiver chez nous, c'est plus souvent "mud season" que neige et froid sec. Alors quand la nature se donne en spectacle, on adhère tout de suite et même, on sort plusieurs fois par jour pour bien sentir les choses.

Que plusieurs jours de suite la température reste bloquée sous le zéro, bien en bas du thermomètre, et c'est le dépaysement complet, la grande fête de l'hiver.

Tout le paysage semble cristallisé et le givre métamorphose la moindre brindille en sculpture fragile. Les couleurs s'effacent et une palette de gris doux prend place, de l'aplat du ciel aux étendues herbeuses, des talus à la ligne du chemin. Une gomme magique a tracé par-dessus les graminées, branches et ronces et c'est tout un entrelacs graphique et argenté qui s'offre sous le ciel morne. Le verger se devine au loin et le givre envahit tout, jusqu'à l'air silencieux, épais et presque solide qui me pénètre, tranchant, pendant ma promenade.

Bientôt la féérie cessera et le givre tombera des branches par paquets, petits fracas qui me font me retourner parfois, laissant les écorces noires et humides dessiner un paysage plus commun.

Mais pour l'instant c'est l'hiver, il fait froid et quand je reviens vers le village, les cheminées envoient leurs volutes au ciel, invitant au refuge des maisons douillettes. L'odeur des feux de bois imprègne jusqu'aux abords du hameau, et c'est la même que les anciens habitants pouvaient sentir autrefois, quand ils rentraient des champs, contents peut-être de leur travail et de savoir leurs bêtes à l'étable.

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31/12/2016

exotisme de fin d'année

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Ici aussi pour tous c'est la trêve des confiseurs : plus de cours, plus de chantiers, plus d'ordinateurs, les cahiers sont rangés...

Après Noël et les grands repas, nous filons passer quelques heures à Paris avec notre colonie, c'est pour nous l'exotisme suprême. Pour les plus petits, le must est de prendre les transports en commun. Bien sûr il y a les vieilles dames de la ville que nous retrouvons toujours avec plaisir, ce sont nos icônes à nous : tours, palais, résidences, ponts, ... Mais il y a aussi cet air particulier, la Seine et ce rythme différent, "tout le monde suit ?", "restez bien ensemble", "Matthias, donne la main à Lucien"... et l'achat incontournable des petites tours Eiffel qui viendront enrichir des collections déjà bien fournies.

Il y a les brasseries, leurs miroirs et leurs lustres, la clarté glaciale du ciel, et toutes les choses que nous n'auront pas eu le temps de voir cette foi-ci, le Luxembourg, la montagne Sainte Geneviève et Saint Michel...

Nous reviendrons, peut-être à Pâques, peut-être cet été.

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18:11 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2)

28/08/2016

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23/08/2016

il fait chaud

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Il fait chaud.

C'est le temps des siestes, des lectures, des repas frais et des petites séances d'écrans.

Certains jours, il faut fermer les rideaux et la pénombre et le frais de nos gros murs sont notre refuge. Ce n'est qu'après le dîner que tous rejoindront leurs vélos et ballons.

Et peut-être, si ce n'est pas trop tard, une courte promenade avec les chiens pour voir le coucher du soleil, notre meilleure série de l'été.

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09/08/2016

bord de mer

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Comme tous les ans désormais, il y a eu cette série de journées dans le lodge, passées uniquement à emmagasiner le plus possible de lumière, de soleil, de vent, de sel. Une cabane avec la terrasse dans les feuillages bruissants et, même quand le temps vire, l'impression renouvelée d'être pleinement présent à la nature.

Des journées de lecture, de va-et-vient entre la plage, la piscine, les tours de vélos. La pêche à marée basse, les crêpes quand il pleut, les courses de Latcho sur la grève, et, le soir venu, l'auréole de nos petits anges qui se met mystérieusement à briller !

Bonnes vacances à tous !

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08/07/2016

* côté jardin *

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05/07/2016

au revoir les maîtresses !

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"Et au camping, maman, on pourra faire une promenade tous seuls avec P (6 ans), parce que ça y est, on est grand, on n'est pas des mauviettes !"

Lucien (5 ans)

30/06/2016

le bon lait

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Aller à la traite, c'est plonger. La légère pénombre de la fosse nous baigne dans un univers sonore de tuyauteries et pompes, de chaines et de barrières métalliques qui grincent, de souffles et de sabots qui tapent, d'encouragements et de jurons du fermier qui pousse ses bêtes ou les apaise pour qu'elles prennent place sur les quais.

Le lait extrait des mamelles circule dans le réseau fermé, tuyaux, vannes, ballon en verre, jusqu'au tank final immense, dont le camion du laitier viendra prélever le contenu cette nuit ou au petit jour.

Mais pour nous, il a sorti une tasse et tiré directement du pis le trésor blanc. Chacun a goûté ce liquide que l'on semble alors découvrir pour la première fois, tant c'est différent : tiède, presque chaud, tout mousseux, à la fois sucré et légèrement aigre, si vivant, presque troublant, la vie même de la vache dans notre bouche.

Le mufle humide des bêtes, les pisses surgissant drues et les bouses qui claquent sur le béton, l'odeur de paille souillée et de poil chaud... et les multiples paires d'yeux qui nous observent, mi curieuses mi inquiètes : que font ces enfants dans notre salle de traite ?

Placides cependant, elles ruminent même pendant que l'on branche les trayeuses, la nourriture tourne entre leurs mâchoires actives, et bientôt, elles repasseront au cornadis prendre un peu de foin avant de retourner dans la prairie, rejoindre leurs congénères... Il faudra laver les quais et la fosse à grande eau, balayer l'aire, et la paix du soir pourra descendre sur la ferme.

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